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...de mettre un prix sur le carbone

James Hansen

 

Et ils parlaient de mettre un prix sur le carbone….
Une conscience intransigeante et pragmatique doublée d’une méthode faillible ou une méthode intransigeante et une conscience faillible ?
Les écologistes se revendiquent de l’une quand les Paul Krugman économistes se laissent associer à l’autre. Les colonnes du New York Times ont été il y a peu le théâtre d’une vive discussion entre un écologiste d’avant-garde incarné par James Hansen  et un économiste tout aussi éminent en la personne de Paul Krugman. Comme dans une allégorie grecque, nous crûmes voir se disputer Courage et Méthode sur les nuages olympiens de la philosophie climatique. Paul Krugman se crut obligé de tenir à James Hansen le discours selon lequel ses propos sont impertinents au plan économique. Faisons crédit à M . Krugman de mieux maîtriser la chose économique que son contradicteur. Reconnaissons de même que la véhémence exprimée par M. Hansen depuis les dernières années traduit un sentiment plus aigu de l’urgence climatique.


Un tel échange est réellement frustrant.


Outre qu’il sème le doute dans l’esprit des citoyens sur les solutions qu’il convient de viser dans la lutte contre le Changement climatique (quota ou taxe), il affaiblit  peut-être la crédibilité de l’un comme de l’autre, en fonction de la sensibilité du lecteur.  Mais dans ce débat l’avantage fut indéniablement à Paul Krugman, qui sut par exemple désarticuler l’argumentaire un peu simplifié de J. Hansen. Car James Hansen consulte des économistes, mais en égratigne les concepts et arguments. Ainsi, s’il se fait le champion de la taxe redistributive, il se garde bien de mettre ses meilleurs défenseurs à contribution (dont un économiste de Berkeley qui ne nous est pas étranger : Steven Stoft).
Il ressort de tout cela que le lecteur ou plus exactement le citoyen doit s’accrocher sérieusement pour se forger une opinion :
- La première chose est de comprendre que, comme l’explique Krugman, taxe et quota sont équivalentes sur le plan de la théorie économique. Faire augmenter le prix tend à faire baisser les consommations, et plafonner les consommations tend à fixer un prix.
- la seconde est que les deux dispositifs présentent des inconvénients : l’acceptabilité politique pour l’une, et l a difficulté à attribuer les quotas pour l’autre (bien que la taxe rencontre pour sa part la question des exonérations) en sont des exemples
- le choix de l’un ou l’autre des instruments cités repose essentiellement sur des raisons politiques et pratiques.
Notre troisième observation a d’ailleurs ceci d’amusant - pour en revenir au débat Hansen-Krugman -, que ce dernier défendait jusqu’à il y a dix mois une taxe carbone compensée par la baisse d’une autre taxe. Les raisons de son revirement sont politiques et semblent suivre le précepte « whatever works  is OK»…
Il ne reste plus qu’à attendre de voir ce que nous produirons nos amis Américains.