Regard sur le Protocole de Kyoto

Les limites de l'approche économique
L'ampleur de l'effort engagé
à Kyoto est souvent l'objet de débats. Mais comme le juge
Roger Guesnerie (2002), "les bonnes raisons pour estimer que Kyoto fait
trop ou trop peu ne font pas démonstration." Même si les
connaissances scientifiques supplémentaires apportées par
la science (rapport 2007 du G.I.E.C) rehaussent de manière nette
les motifs de préoccupation de nos sociétés, ce
jugement a le mérite de rappeler que le protocole de Kyoto est
un compromis raisonnable bien qu'insuffisant.
Un compromis, en soi, est le
résultat de négociations et de considérations
politiques non équivalentes à la seule rationalité
de l'intérêt général.
Par ailleurs, le raisonnement économique porte en lui-même ses difficultés, fondées sur sa propre
méthodologie: face à des risques sans
antécédents comparables, à la survenue de
phènomènes climatiques inédits, les modèles
de raisonnement en contexte d'avenir incertain touchent à leurs
limites. Là encore R. Guesnerie rappelle: "il n'est pas
surprenant qu'un problème qui met en cause la survie de
l´humanité, ou tout au moins l'intégrité du
"vaisseau spatial" qui abrite l'espèce humaine, ait des
dimensions dont l'évaluation ne puisse être
épuisée par la discussion technique des choix selon le
modèle de rationalité économique".
Rappelons toutefois les grandes lignes de Kyoto, après quoi nous en soulignerons les apports.
Les bases de Kyoto
Le principe de Kyoto est une gestion
quantitative de la limitation des émissions de GES. Il repose
sur un système de quota nationaux d'émission de GES
définis lors de la négociation, dans le but d'une
réduction des émissions annuelles de GES, par les pays
engagés, de -5% par rapport au niveau de 1990. Une de ses vertus
est de définir de manière claire la répartition de
l'effort. Il aura l'inconvénient d'un rigidité excessive
pour les états vis-à-vis des difficultés de mise
en oeuvre, s'il n'y avait pas été introduit des
mécanismes de flexibilité dont le plus important est
l'établissement d'un marché de permis d'émission
négociables, qui amène de fait à la formation d'un
prix international du carbone. A partir de là, chacune des
parties est susceptible d'adopter l'attidude qu'elle juge la plus
profitable pour elle: réduire suffisamment ses émissions
pour tirer profit de la revente à une autre partie de ses
surplus de permis alloués, ou encore racheter en cas de
dépassement des quota, des permis d'émission à une
autre partie, au prix fixé par le marché pour la tonne de
CO2:
Ce mécanisme a pour principe
et pour but de diminuer le coût global de la réduction des
émissions de GES.