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Une problématique complexe

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L'entrée dans le 21ème siècle se fait avec l'explosion au grand jour d'un constat: une crise climatique se profile à moyen et long-terme. La communauté scientifique s'est émue, dès l'acquisition de données suffisantes, de l'ampleur de la menace. La première phase de concrétisation d'une démarche globale pour la gestion de ce problème a été acquise, à l'arrachée, lors du protocole de Kyoto. La proposition de l'instauration de quotas d'émission de GES a prévalu sur celle d'une approche fiscale du problème, les Etats-Unis ayant pesé massivement en ce sens. A l'heure actuelle, le traité suscite des ralliements locaux et régionaux aux USA, mais la politique internationale en la matière, embryonnaire au regard du défi à relever, est encore sans impact.

 Les grandes lignes du problème.

Comment  évoluera le prix des ressources fossiles sans intervention d'une telle mesure?

         Quelle que soit la manière dont on aborde la question du prix des carburants, un fait incontournable s'impose: celui-ci va de toute façon s'élever. Pourquoi cette certitude? Il importe de consulter les experts géologues non liés par intérêt aux compagnies pétrolières, pour s'apercevoir que  leurs estimation de la date de survenue du "Peak Oil" (pic mondial des capacités de production pétrolière) ne nous amène guère plus loin que dix à quinze ans pour assister au divorce entre l'offre et la demande, la première ne satisfaisant plus la seconde. Cette échéance, marquant le début de ce que l'on nomme la déplétion pétrolière est le début des difficultés énergétiques (bien aussi préoccupantes économiquement que les ennuis climatiques que nous évoquons).

               En tous les cas, il est nécessaire de sortir du schéma de pensée selon lequel il sera possible de payer plus tard. Les marges de manoeuvres, de surcroit, se réduisent sérieusement en cas de récession voire de crise économique.

              D'un seul coup d'oeil porté sur la scène énergétique, on remarque une erreur de casting.

            Les carburants "verts" sont-ils la solution définitive et entière? Loin s'en faut. Leurs vertus et leur portée discutable ne pourront, à supposer que nous disposions de la surface nécessaire, ce qui n'est pas la réalité, fournir les kWh nécessaires au remplacement du pétrole. L'éolien, à considérer les ordres de grandeurs correspondants, ne peut prétendre, même avec une forte croissance du parc (ex.: 10% par an) dépasser le 1% de l'énergie produite à échéance de 20 ans. Le solaire est nécessaire, mais tout aussi insuffisant au regard des enjeux. Le nucléaire, dans le contexte, n'est pas à bannir, mais il n'est pas LA solution au problème, surtout à échelle mondiale. La gestion du parc nucléaire se fait, par ailleurs,sur des durées longues et le temps nécessaire, pour n'évoquer que cette limite, est court.

                La réduction de la consommation totale des énergies fossiles se révèle être seule mesure à avoir un effet en terme de réduction des émissions, mais sa réalisation suppose une démarche très volontariste de sortie de cette dépendance totale aux hydrocarbures. Inutile de dire que le gaz naturel connaitra  avec 20 ans de décalage le même phénomène de déplétion, et que le charbon, s'il reste relativement abondant à échelle du siècle, est une catastrophe en terme d'émissions de GES.

     
Que proposent les économistes?


        Nombre d'entre eux se sont prononcés en substance, arguments à l'appui, pour que "soit mis un prix sur le carbone". Il en ressort que différentes approches coexistent, mais ont pour point commun de souligner la nécessité de la mise en place  d'une fiscalité  portant sur le carbone, les modalités de l'application de ce principe étant, elles discutées. Les économistes formulent clairement l'idée que l'externalité négative pollution (et impact climatique) doit être prise en compte dans la production ou consommation de biens. Le recours à un marché d'échange de permis d'émission négociables est le principe retenu par le protocole de Kyoto, mais la TAXE CARBONE, loin d'être écartée est toujours à l'ordre du jour, même si l'accord international l'a exclue. Un certain nombre de gouvernements de par le monde ont d'ailleurs déja mis en place des taxes portant de diverses façons sur le carbone.

 Dans le cas où nous attendons le renchérissement de ces ressources pour nous mettre à la sobriété énergétique, le surplus de prix que nous devrons payer pour le litre d'essence sera une perte pour notre porte-monnaie, et un appauvrissement de nos économies au profit des pays producteurs. A l'inverse, si nous anticipons le renchérissement en accroissant (progressivement) volontairement les prix, l'argent  dégagé est affecté au budget de l'Etat (ou à une autre entité responsable de la gestion de ces recttes) et est susceptible de financer la reconversion de l'économie vers une diminution de la consommation énergétique, ou encore de se révéler globalement positive quant à son impact sur l'économie (hypothèse notammement avancée dans le cas d'un transfert des charges sociales sur le travail) : c'est la notion, parfois controversée du double dividende.


               La présente esquisse du problème posé ne prétend pas répondre à la totalité des interrogations soulevées.
               
La proposition d'une taxe repose en tout cas sur des bases assez fermes pour emporter l'adhésion de chacun, à condition de prendre  le temps d'en explorer l'argumentaire, et la bibliographie accessible sur ce sujet.


Questions-Réponses.